Glam’Rock

Samedi 3 mai 2008, 20 heures, à Marrakesh. Salle noire, podium aux allures de scène de concert et écrans mitrix. Le ton est donné. Les 1 300 privilégiés venus assisté au défilé ont réalisé que ce Caftan-ci sera différent. Caftan sera show. Glam’Rock, surprenant, détonnant ! Elmarie Lignier, en immense magicienne du spectacle, a donné illico son tempo, en lançant, tous baffles hurlants, l’inoubliable « We will rock you » de Queen.

Pas de mezzo voce pour cette édition retransmise en direct sur 2M ! On aura vu des caftans hardrock strassés, cloutés et chaînés. On aura frémi devant des pièces rageusement punk puis d’autres gaiement psychédéliques, d’autres encore ultra-romantiques et enfin très urbaines avec le caftan de l’invitée d’honneur Loulou De La Falaise crée pour l’occasion.

Chacun des dix stylistes Haute Couture, accompagnés de la Révélation 2008, Rafaël Dorian est allé de son imaginaire, répondant ainsi, chacun à sa manière au critère number one de Caftan : oser, oser et s’amuser en osant, car au-delà du savoir-faire, des exigences de coupe, de qualité, marquer les esprits c’est laisser libre cours à sa fantaisie personnelle.

Les stylistes se sont laissé prendre au jeu du glam’rock s’attaquant, sans exception, aux manches. Bouffantes, croisées, retroussées ou détournées en boléros, strassées, pailletées ou encore finies de rubans noués, elles attirent toutes les attentions. De même, la mansouria, reconnaissable par ses grandes ouvertures latérales, semble renouer avec le succès.

La tendance était à la légèreté ; moins de longueurs, moins de superpositions, deux pièces suffisaient amplement. En revanche, les jupes disparaissaient progressivement de la scène pour laisser place à des sérouals en tous genres : pantalons jarretières, pantalons de Sindibad brodés, Kandrissa chaînés, pantalons turcs rayés, leggings…

Plus que la précédente, cette édition était celle des accessoires. Les ceintures s’habillaient de métal, tressées ou appliquées sur des corsets. Plus fines, plus souples, elles s’enrichissaient de plume peintes et de nœuds papillon en strass. De nouveaux types de bracelets ont fait leur apparition sur le podium, inspirés du Majdoule traditionnel. De même, les pochettes du soir, entièrement perlées main s’imposaient. Enfin, pour le clin d’œil rock, mitaines, gants, collants en résille et bas de dentelle rythmaient avec humour le défilé.

Un show exceptionnel, dont le final tout de noir et d’argent, laissa à chacun un délicieux souvenir d’audace et d’impertinence.